Être d’accord sur les termes, la base de toute communication

A voir les réactions que suscitent le terme « AntiBlabla » il me semble intéressant d’en proposer une définition. Commençons par nous interroger sur : C’est quoi le blabla ? Je pense que cela n’est pas une question de quantité mais une question de netteté. Nos idées nécessitent parfois un développement copieux pour permettre au public d’en comprendre toutes les subtilités. La difficulté consiste à développer une argumentation qui facilite la compréhension plutôt qu’une argumentation qui la floute. Je définirai donc le Blabla comme « un trop plein d’information visant à renforcer la compréhension d’un message et qui produit l’effet inverse ». Ce qui conduit alors à définir l’AntiBlabla comme : « La juste quantité d’informations permettant de saisir toutes les subtilités d’une idées ». Mais est-ce bien suffisant ?

L’AntiBlabla est-il une question de quantité ?

Il est certain que plus un message est court, plus il sera facile de le retenir. Mais je peux vous transmettre un message court comme :  » Le rôle des protéines Lin 15 A et réthinoblasmose dans la reprogrammation cellulaire in vivo chez C. Elegans » et je doute que juste après avoir lu ces lignes vous soyez capable de reformuler. Je me trompe ? Vous penserez surement que vous n’êtes pas dans un domaine d’expertise qui vous permette de comprendre ce message. Vous avez raison ! Certains messages nous sont inaccessibles par manque de connaissances. Mais ce message est-il, pour les initiés, un message Blabla ou AntiBlabla ? Je pense que nous pouvons admettre plusieurs réponses. Oui et non et toutes les nuances entre les 2. La question que cela soulève est : faut-il rendre nos messages accessibles à tous ou, si nous sommes entre gens du même monde garder un niveau d’expertise élevée, utiliser du jargon, rester sur des idées conceptuelles ?

Témoignage d’un savant

Jeff Hawkins est chercheur en neuroscience. Il raconte que lorsqu’il fait des conférences devant ses pairs il ne pratique pas le même langage que lorsqu’il intervient devant un public plus large de « curieux ». Nous pourrions alors nous dire qu’en effet entre gens du même monde nous pouvons garder un langage conceptuel et abstrait. Mais Jeff Hawkins révèle que s’il pratique un langage adapté selon l’auditoire c’est davantage pour assurer sa crédibilité devant un public de pairs (parfois exigent) que parce qu’il pense que cela produit une meilleure réflexion. Il ajoute que lorsqu’il a suffisamment assis son autorité il redescend sur le terrain du langage simple, celui qu’il pratique avec les « curieux ». Parce que selon lui il n’y a que sur la base d’échanges simples et accessibles que nous pouvons envisager de nouvelles idées, de nouvelles pistes de réflexion.

L’AntiBlabla c’est faire simple

Il est rare qu’un discours simple créait de la confusion dans le public. Il est plus courant d’un discours confus y parvienne. Quelle différence entre Simple et Confus ? Le langage simple est généralement un langage concret qui laisse peu de place aux interprétations variées. Le langage « confus » est souvent un langage qui semble plus élaboré, qui permet de s’élever dans les hautes sphère de la pensée abstraite, qui donne à son orateur une stature d’intellectuel mais qui offre davantage de possibilités d’interprétations à son public.

Les fausses croyances

Nombreux sont ceux qui pensent que pratiquer un langage conceptuel les fera paraître brillant et intelligent. Ce sont ces même personnes qui souvent pense que « Faire simple » c’est être simpliste. Que « faire simple » ce n’est pas sérieux, que « Faire Simple » ce n’est pas pour eux puisqu’ils ne sont pas payés à faire simple. Mais enfin, que croyez vous donc ? Vous pensez que « faire simple » c’est facile ? Vous pensez « que faire simple » ne nécessite pas de savoir élaborer une pensée complexe ? Abstraite ? Le monde étouffe sous le poids de la complexité des idées. Votre plus belle contribution devrait être de rendre accessible ces idées de la façon la plus simple qu’il soit.

Voilà ma définition de L’antiBlabla : faire simple ! Pas faire court, pas faire simpliste, pas faire bête, pas faire creux… non FAIRE SIMPLE au même titre qu’un proverbe permet de transformer un concept abstrait en message concret, qu’un Haikus permet de condenser une pensée en 3 petites lignes de texte.

 

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